L'attention

Avec l’attention, chaque sensation est reconnue et acceptée. L’investigation permet de déterminer si elle est agréable ou douloureuse, source de fermeture ou de détente, de tension ou de tristesse. Nous localisons l’endroit du corps ou la sensation se manifeste, et regardons ce qu’il advient lorsque nous maintenons notre conscience sur elle.

Observons à présent l’esprit et demandons-nous quelles pensées et images sont associées à cette difficulté. Prenons ainsi conscience de toutes les histoires, de tous les jugements et croyances auxquels nous tenons. En y regardant de plus près, nous découvrons souvent que certaines de ces choses qui occupent notre esprit sont des points de vue figés, partiaux, ou des considérations habituelles qui n’ont plus lieu d’être. Nous voyons que ce sont simplement des histoires. Avec l’attention, nous relâchons l’emprise qu’elles ont sur nous. Nous nous y accrochons moins.

Le quatrième fondement de l’attention est le dharma. Dharma est un mot important à sens multiples. Il peut désigner les enseignements et la voie bouddhistes. Il peut signifier la Vérité et, comme dans le cas présent, faire référence aux éléments et structures qui constituent l’expérience. En analysant le dharma, nous plongeons notre regard à l’intérieur des principes et des lois qui sont en action. L’expérience est-elle réellement aussi solide qu’elle le paraît ? Est-elle immuable ou bien impermanente, mouvante, se modifiant, se récréant elle-même ? La difficulté élargit-elle ou contracte-elle l’espace dans votre esprit ? Avons-nous le contrôle de l’expérience ou celle-ci semble-t-elle avoir sa vie propre ? Nous remarquons si elle se construit d’elle-même. Nous examinons si nous sommes en train de nous y accrocher, d’y résister, ou simplement de la laisser se manifester. Nous voyons si notre relation avec elle est source de souffrance ou de bonheur. Et pour finir, nous remarquons jusqu’à quel point nous nous identifions à elle… Ne pas nous identifier signifie que nous cessons de considérer l’expérience comme étant « moi » ou « mienne ». Nous voyons comment notre identification crée la dépendance, l’anxiété et le manque de d’authenticité. En pratiquant la non-identification, nous interrogeons chaque état, expérience et histoire : «  Suis-je réellement cela ? » Nous percevons le caractère provisoire de cette identité et nous sommes alors libres de nous en défaire et de demeurer dans la conscience elle-même.